Dans une démarche illustrant une prise de conscience croissante du rôle des médias dans le traitement des questions migratoires, la ville de Casablanca a accueilli un atelier de formation au profit des journalistes, intitulé « Renforcer le récit médiatique sur la migration ». Cette rencontre a réuni un panel de professionnels et d’experts, avec le soutien d’un partenariat à cinq réunissant des acteurs syndicaux et des institutions internationales, sous la supervision de Organisation internationale du Travail et avec le financement de la coopération internationale suisse.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique visant à améliorer le traitement médiatique des questions migratoires, en passant d’une couverture conjoncturelle à la construction d’un discours équilibré, fondé sur des données fiables et le respect de la dimension humaine des migrants. Elle ambitionne également de doter les journalistes d’outils analytiques et professionnels leur permettant de déconstruire les stéréotypes dominants et de produire un contenu médiatique responsable, reflétant la complexité du phénomène.
L’atelier s’est distingué par la contribution de cinq partenaires majeurs, chacun apportant son expertise spécifique à la réussite de cet événement :
Union Marocaine du Travail : l’une des principales organisations syndicales du Maroc, ayant encadré les discussions autour des droits des travailleurs migrants.
Union Générale des Travailleurs du Maroc : s’est concentrée sur les dimensions sociales et la protection professionnelle des groupes vulnérables.
Confédération Démocratique du Travail : a mis en avant l’importance de la justice sociale dans l’approche des questions migratoires.
Centre du commerce international : a apporté son expertise sur les liens entre migration, développement économique et opportunités entrepreneuriales.
Organisation internationale du Travail : a fourni le cadre de référence international en matière de travail décent et de droits des travailleurs.
Les échanges ont été riches et approfondis, notamment sur le rôle des médias dans la formation de l’opinion publique à l’égard des migrants. Les participants ont insisté sur la nécessité de s’éloigner des discours simplistes ou discriminatoires, et d’adopter une approche professionnelle fondée sur la vérification de l’information, tout en donnant la parole aux migrants eux-mêmes afin de relayer leurs expériences de manière objective.
Les défis auxquels les journalistes sont confrontés dans ce domaine ont également été abordés, notamment la difficulté d’accès aux sources, la sensibilité du sujet, ainsi que la pression liée à la rapidité de diffusion de l’information, face à l’exigence de rigueur et d’équilibre. Autant d’éléments qui rendent la formation continue indispensable pour suivre les évolutions rapides du secteur.
Cette initiative reflète ainsi une prise de conscience collective : les médias ne sont pas de simples relais d’information, mais des acteurs clés dans la construction des représentations sociales. Ils portent, de ce fait, une responsabilité majeure dans la diffusion d’une image juste et équitable des questions migratoires.
À l’issue des travaux, les participants ont souligné que le partenariat entre les acteurs syndicaux et les institutions internationales constitue un levier essentiel pour promouvoir un journalisme professionnel et responsable, capable de contribuer au renforcement de la cohésion sociale et à l’ancrage des valeurs de solidarité et de justice.

