Dans un précédent qui a choqué les observateurs de la scène syndicale et sociale, la Fédération Démocratique du Travail (FDT) a poussé des enfants et des mineurs aux premiers rangs pour combler le vide lors de sa sit-in de protestation dans le secteur du tourisme. Une scène qui fait tomber le dernier masque d’un syndicalisme professionnel et révèle la faillite organisationnelle atteinte par certaines structures.

Impliquer des enfants dans des luttes syndicales et politiques qui ne les concernent pas et dont ils ne saisissent pas les enjeux constitue une « mascarade morale et humaine à tous égards ». Cela dépasse le simple dévoiement de l’action syndicale pour devenir une violation flagrante de la dignité de l’enfance et une exploitation abjecte de l’innocence des mineurs.

L’innocence au service des surenchères syndicales
Au lieu de s’appuyer sur la présence effective et authentique des principaux intéressés — professionnels du transport et travailleurs du secteur touristique qui font face aux contraintes quotidiennes —, les organisateurs ont préféré mobiliser des enfants pour masquer la faible mobilisation et le manque d’adhésion aux slogans chantés.
Voir des mineurs exposés au soleil, répétant des mots dont ils ne comprennent pas le sens dans le seul but de « meubler le décor » et de gonfler artificiellement les effectifs face aux médias, est l’illustration même de l’exploitation de l’enfance. Une telle pratique ne porte pas seulement préjudice à l’organisation syndicale concernée, mais porte également un coup dur à la crédibilité du combat social dans son ensemble.
Une violation flagrante des droits et des conventions
Ces pratiques contredisent frontalement toutes les conventions nationales et internationales relatives à la protection des droits de l’enfant, lesquelles stipulent clairement qu’il faut tenir les mineurs à l’écart des conflits catégoriels et des surenchères de terrain. La place naturelle des enfants est sur les bancs de l’école et dans les espaces de loisirs, et non dans les places publiques pour masquer l’échec d’une manifestation et l’incapacité des organisateurs à convaincre les vrais professionnels de descendre dans la rue.
Responsabilité sociétale et nécessité de rendre des comptes
L’exploitation flagrante de l’enfance exige une prise de position ferme de la part des acteurs des droits humains et des associations de protection de l’enfance.
Ce rassemblement a démontré que le secteur du tourisme et du transport touristique, essentiel à l’économie nationale, doit être défendu par ses propres professionnels avec conscience et responsabilité, loin des méthodes de manipulation dégradantes et de l’instrumentalisation des enfants qui vident l’action syndicale de sa substance.

